17 janvier 2011
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21 mai 2009
Méandre...
Il est de ces jolis mots que j'aime utiliser un peu n'importe où, pour signifier quelques détours, courbes et autres arabesques. Méandre est un mot qui me charme, comme les méandres de la Dordogne vus de la terrasse du splendide château de Castelnaud.
Je trouve que la manière que l'on a de le prononcer ressemble un peu à ce qu'il décrit, un petit côté arabesque, sinueux, changeant de direction. Ce mot est en fait emprunté au latin "Maeander" qui vient du grec Maiandros. Maiandros est un fleuve d'Asie mineure qui n'est fait que de courbes, extrêmement sinueux et son nom a inspiré justement le sens que "méandre" prend aujourd'hui.
C'est en ancien français que les détours sinueux d'un cours d'eau prennent l'appellation "méandres"… Le mot a pris également des chemins plus spirituels au 17 e siècle en désignant les "détours dans le discours, la pensée".
Alors, excusez-moi, mais je repars me perdre dans les méandres de mes pensées !
18 mai 2009
Et toi tu ronfles ?
La nuit, je porte des boules Quiès. Oui. Ces petites boules à tripoter puis à insérer dans les oreilles. Pourquoi ? Parce que le mur qui me sépare de la chambre de mes parents fait 3 cm et que ces dernier ronflent comme des perceuses. Bruit troublant pour dormir non ?
En tous cas, "ronfler" est un des rares mots dont la prononciation a un lien avec le sens ! C'est un mot dérivé tout simplement de l'onomatopé "ronfl ronfl" qui exprime tout simplement l'affreux bruit que font les ronfleurs avec leurs voies respiratoires encrassées !
Et puis c'était drôle de vous parler de ce mot, vu que depuis quelques temps, ce tout nouveau blog dort …
07 mai 2009
Faut rigoler !
Qu'est-ce qui me fait rigoler ? Les jeux de mots laids , et pourtant je n'ai pas un jeu de jambes sensationnel ! Faut rigoler souvent, c'est bon pour la santé ! Je ne viens pas vous parler là du verbe "rigoler" qui signifie "Aménager un endroit de manière à ce que l'eau puisse s'y écouler librement" ou "ruisseler". Même si le rire est un ruisseau joyeux qui s'écoule à son aise. Je viens vous parler du verbe "rigoler" que l'on rattache le plus souvent à la plaisanterie, l'humour, le rire, la gaieté, la jovialité.
Au départ, moi, je l'aurais bien rattaché à "la rigole" qui évoque "l'écoulement" dans le sens d’un « flot de plaisanterie, de rire ». Mais les deux termes n’ont pas du tout la même origine. « La rigole » est un mot emprunté au néerlandais « regel », lui-même emprunté au latin « regula » qui a donné « règle », qui désigne un « conduit, un fossé qui régule, libère, aide l’écoulement des eaux ». Le verbe « rigoler » n’a pas du tout la même origine. D’ailleurs, ce qui est rigolo c’est que cette origine n’est pas certaine. Si certains pensent qu’il vient d’un dérivé du latin « ridere » (rire) déformé en « riguere », d’autres pensent qu’il est le résultat d’une amusante association de mots : « riolle » qui au moyen-âge désignait une « partie de plaisir » et de « galer » qui voulait dire « s’amuser, mener une vie joyeuse ».
D’autres origines ? Et bien oui ! On pourrait en rigoler , mais c’est incroyable comme ce mot est l’objet de nombreuses supputations ! Quelques uns pensent qu’il vient d’un mot allemand « Reigen » qui désigne "une danse en rond". Ce serait ici le sème de se distraire, de s’amuser qui serait le plus solidaire. Quelques autres proposent une hypothèse un peu abracadabrante, plutôt rigolote et pas forcement impossible même si plutôt ridicule : du temps où les femmes se torturaient avec des corsets très près du corps et très serrés pour avoir une taille de guêpe et au point de ne plus pouvoir respirer, le fait de rire compressait leur vessie pleine et elles se pissaient dessus et c’est ainsi que se formait une « rigole ». C’est un peu pipi-caca tout cela, ça aura au moins eu l’avantage de me faire rigoler mais pas au point de me pisser dessus !
« Rigoler » veut bien dire ce qu’il veut dire ! Rire joyeusement ! Mais pas que ! Il possède plusieurs sens, qui à quelques nuances près, se fondent sur le « rire ». Quand on rigole, on peut s’amuser et rire, on peut aussi simplement plaisanter, taquiner. Le verbe peut aussi prendre un côté moqueur lorsque qu’il s’agit de « rigoler de quelqu’un ou de quelque chose », mais aussi « prendre à la légère ». Enfin, il existe aussi le verbe pronominal « se rigoler » signifiant « se divertir, s’amuser, se donner du temps agréable ». Les sens ruissellent, en voilà une belle rigole sémantique.
Allez pour rigoler un peu … (ou pas parce que ce qui peut être rigolo pour certain peut ne pas l’être pour d’autres ! Rigoler, c’est relatif à chacun ! ) :
Que fait une baleine lorsqu'on la chatouille ?
Elle dit :
- C'est assez ! J'ai le dos fin !
Et elle se cache à l'eau...
19 avril 2009
Robinet !
Vous le tripotez régulièrement votre robinet. Il vous apporte liquide chaud ou liquide froid, au choix. Le robinet est un accessoire de la vie quotidienne devenu absolument indispensable pour l'hygiène, la vaisselle, la cuisine, parce que l'eau c'est la vie. Oui je parlais bien du robinet à eau ! Pas d'autre chose, merci.
Moi je trouve que robinet, c'est un mot rigolo. "Robinet". Ca sonne drôle ! Oui bon, ok, peut-être n'y a-t-il que moi sur cette terre pour trouver ce mot phonétiquement drôle à prononcer. Mais c'est ainsi, j'aime bien le mot "Robinet".
J'aurais voulu lui attribuer une histoire linguistique plutôt scientifique, une origine technique, technologique, enfin un truc trop ingénieux. Et bien rien de tout cela ! Le mot "robinet" est en réalité issu du français du XIII ième siècle "robin", forme familière du prénom "Robert" qui désignait le plus souvent un paysan sot et prétentieux. "robin" signifiait plutôt "mouton"… Un mouton étant plutôt considéré comme un animal un peu "idiot", on comprend le rapprochement.
Mais le rapport avec Robinet ? C'est pourtant loin d'être sot cette invention ! Les premiers robinets ressemblaient à des têtes de moutons…et ainsi naquit "robinet". D'ici à ce qu'on trouve un jour des robinets de Panurge, il n'y a qu'un pas !
16 avril 2009
Une petite bergamote ?
L'ignorance c'est parfois ma spécialité. Alors je pose des questions à ceux qui m'entourent où à google quand je suis esseulée. C'est avant de déguster un délicieux coulant au chocolat que celui qui l'avait réalisé, m'a annoncé qu'il avait mis de l'essence de Bergamote. Hein ? De la Bergaquoi ? Hormis la référence aux bonbons de je ne sais plus où, je ne savais point ce que c'était.
(photo piquée au cuisinier en question que vous pouvez retrouver ici)
"Euh c'est quoi la bergamote". "C'est un fruit, un agrume je crois". Et là l'ignorance me remplit encore "On dit UN agrume? BAAAAH C'est moche !". Oui, on dit UN agrume. Sauf que moi, dans mon langage populaire, je trouve que agrume ça sonne plutôt féminin. Soit, ce n'est là qu'un détail linguistique. Et donc j'ai appris que la bergamote était un agrume, donc.
(photo piquée sur http://www.blogs-afrique.info/cuisine-afrique/post/bergamote où vous pourrez tout apprendre sur la bergamote)
Evidemment, un tel mot ne pouvait pas me laisser indifférente, parce que Bergamote, mine de rien, ça sonne plutôt bien et moi je le dirai bien à toutes les sauces. "Et si on s'faisait de la Bergamote ce soir ?" (repas diététique), "Nom d'une Bergamote !" (le capitaine Haddock n'a qu'à bien se tenir ! ), "Espèce de sale Bergamote !" (Se faire traiter d'agrume, ça craint non ? ), "Tu es belle comme une Bergamote" (Le compliment à faire à toutes les femmes ! Succès garanti, ou pas …), liste bergamotique non exhaustive, évidemment.
Déjà, bergamote, que je trouve très chantant, vient d'une très belle langue, que j'adore, l'italien. Je trouvais le mot musical, me voilà conforté dans mon impression puisque pour moi l'italien est la langue la plus musicale de l'univers. Il vient de "bergamotta". Mais son origine primaire, personne n'en est sûr. On pense que cela peut venir de la ville de Bergame où poussaient, poussent peut être encore des bergamotes, mais apparemment, ce serait une appropriation orgueilleuse. Il est plus probable que cela vienne d'une expression turc "beg armudi" qui voudrait dire "Poire du bey, du prince" ("bey" signifie "seigneur"). J'en ai donc conclu que mon pote le cuistot, c'était le prince du coulant au chocolat. La classe non ?
13 avril 2009
La tulipe.
La tulipe est une fleur fascinante. Du moins, JE la trouve fascinante. Grande, fière, colorée, forte. Et sous la pluie, elle résiste, elle resplendit sous les perles d'eau. J'adore.
Un bien drôle de mot que "tulipe". Rien ne m'interpelle particulièrement. Apparemment pas un mot composé de deux racines. Je me doutais bien que ce n'était pas un mot d'origine latine. C'est au XVI e siècle, que le mot fait son apparition. Et bien que l'on aurait pu penser que cela puisse venir du néerlandais, où l'on sait qu'il pousse bons nombres de tulipes, le mot est en fait emprunté directement au turc "tulbend" directement issu du Persan qui désignait un "turban". "Tulbend" voulait aussi dire "plante-turban". Sa forme si particulière rappelait celle du turban, probablement par sa forme cylindrique. Tulipe est née par déformation linguistique, sûrement.
02 avril 2009
Le compte est bon ?
Ah, les chiffres et les lettres, on en dira ce qu'on en veut, émission de vieux, ennuyeuse et obsolète, mais moi, les candidats m'épate toujours à jouer aussi habilement avec les chiffres et avec les lettres. En deux ou trois réflexion, hop, le compte est bon ! Et moi, je suis encore un peu à la traine ! Pourtant, j'ai toujours bien aimé les chiffres, mais pas au point de calculer 589 avec 25 6 4 10 8 et 5 en moins de 30 secondes.
En attendant, c'est d'étymologie qu'il s'agit ici, je vous épargnerai donc les comptes mathématiques parfois un peu tarabiscotés. Comme "rien" signifiait "tout" au départ, le mot "chiffre" désignait "rien". Enfin du moins, il est issu de l'arabe "sifr" qui voulait dire "vide, zéro", il y avait quand même une notion de "non quantité, de non valeur". En latin médiéval, est apparu le mot "cifra" qui lui voulait dire "zéro" ou désignait plus particulièrement une chose ou une personne sans valeur aucune. "Cifra" désignait donc très simplement un bon à rien. Très intéressant pour un élément important d'une science telle que les mathématiques
Il a fallu attendre le XVe siècle pour le mot qui s'est avec le temps transformé en "chiffre" prenne un sens plus proche de nous : "caractère qui représente les nombres". Ce n'est qu'au XIX e siècle que "chiffre" a pris son sens actuel donc. Attention pendant les cours de maths à ne pas confondre "Nombre" et "chiffre". Un chiffre peut être un nombre, un nombre peut être un chiffre ou une composition de plusieurs chiffres. Bah oui, du moins dans ce que j'ai appris, les chiffres c'est 0,1,2,3,4,5,6,7,8,9 (qui sont aussi des nombres). Après 9, c'est uniquement des nombres et non des chiffres, mais des nombres composés de plusieurs chiffres ! Ca fâchait rudement mon prof de maths de terminale, pour qui un chiffre était un chiffre et un nombre était un nombre même si un nombre pouvait être un chiffre. Bon, allez, vu qu'au départ c'était plutôt des histoires de bon à rien, moi je dis que le compte est bon, comme ça tout le monde est content !
27 mars 2009
Des petites Pâquerettes !
Tous les ans à la même période, je suis folle des petites fleurs. Oui oui, les petites fleurs. Bon, j’ai essayé de me soigner, mais rien à faire, dès que je vois des petites fleurs j’ai ce besoin incontrôlable de les photographier dans tous les sens, de les admirer, de les observer. Et depuis que je suis toute petite, mes préférées sont les Pâquerettes. Si petites, si jolies, si simples et si magnifiques, je ne m’en lasse jamais ! Alors pensez-vous qu’en cette période printanière je suis aux anges quand je me balade en campagne et que je croise dans l’herbe des tas de ces petites fleurs blanches au cœur ensoleillé !
Je me suis vite doutée de l’origine de leur nom. Nous approchons Pâques, et il me paraissait logique que la fleur eut un lien avec la fête religieuse chocolatée. Et en effet, « Pâquerette » est linguistiquement née au XVI e siècle et désignait « la plante qui fleurit au temps de Pâques », associée au suffixe « ette » qui traduit la petite taille de la fleur, nous avons bien là nos mignonnes Pâquerettes. Fleurs dont j’adorais faire des tas de bouquets à ma maman, aujourd’hui, je préfère les laisser au milieu de l’herbe verdoyante, c’est bien mieux comme ça !
26 mars 2009
Enfant
Enfant. Un joli mot que voilà n’est-ce pas ? Il me rappelle tellement de choses, les copains à l’école, les gamins des amis qui grandissent si vite, les jeux, la naïveté, la gaité. Enfant, c’est un peu ce que nous restons tous au fond de nous non ? Je ne m’étais jamais posé la question de ses origines linguistiques en me disant que de toutes manières c’était simple, enfant voulait dire « enfant » et c’est tout.
Enfant est issu du latin « infans » qui n’avait pas le sens qu’on lui donne aujourd’hui. Il désignait ce qui « ne parle pas ». Evidemment, on a vite fait le rapprochement entre un bébé, un enfant en bas âge qui, outre ses babillages incompréhensibles, ne parle pas. Le sens « enfant en bas âge » a perduré et a continué à être utilisé pour désigner une catégorie d’âge moins jeune : de 6 à 16 ans. Il existait en fait un autre mot pour désigner cette dernière catégorie : « puer » pour « garçon » et « puella» pour « fille ». On retrouve là, la racine de « puéril » qui veut dire « immature, enfantin », on en revient donc à « enfant » et le mot « puer » n’a ainsi pas totalement disparu ! « Enfant » a aussi pris le pas sur le mot « Liberi » qui signifiait « enfants par rapport aux parents » et qui a donné un sème d’hérédité au mot « enfant » qui finalement a pris plusieurs sens : « progéniture jeune », « héritiers », « descendants »…
Heureusement que le sens originel n'est plus de mise, car nous savons tous que la vérité sort de la bouche des enfants !







